RH et management : l’urgence est à l’innovation

Articles par à Avr 8, 2015 dans Chronique RH, Slider | 0 commentaires

RH et management : l’urgence est à l’innovation

Ou quand le management ne sait plus à quel Saint se vouer…

Quand on a déjà tout essayé ou presque, que les vieilles recettes ne le font plus, ou que les jeunes générations ne se retrouvent pas du tout dans les modèles de management que nous leur proposons, l’urgence est à de nouvelles innovations en ce domaine.

Car s’il est bien un constat sur lequel toutes les entreprises sont d’accord, pas de progrès ni de performance de l’entreprise, sans innovation, ni engagement des hommes qui la composent.

Mais alors où trouver de nouvelles idées, et comment refonder le management de nos entreprises, sans retomber dans des solutions toutes faîtes ?

Telle était la question posée lors de la récente journée de réflexion organisée en partenariat avec ALTEDIA, par les étudiants du Master 2 Conseil en organisation et Management des Ressources humaines, animée par son responsable, M. Mathieu DETCHESSAHAR, Professeur des universités à l’IAE de Nantes.

Trois éclairages nous étaient ainsi proposés, outre le témoignage d’entreprises qui étaient déjà dans l’expérimentation.

Celui de l’ergonomie,

avec l’intervention de M. François DANIELLOU, professeur d’ergonomie à l’Institut Polytechnique de Bordeaux.

Sondant la relation entre « innovation » et « association des salariés », il nous livre en synthèse quelques conditions de réussite, pour un management plus propice à l’innovation, mais aussi plus respectueux des enjeux de qualité des biens et services produits, et de santé des salariés.

  • mettre un frein à la gestion des indicateurs par les managers, et à leur « verdissement », activité qu’il qualifie de véritable « usine à mensonges » pour la direction, qui l’éloigne au contraire des alertes de la réalité, pour permettre aux managers de se ré-impliquer sur le terrain, et en faire des facilitateurs de la réalisation du travail,
  • Créer de véritables espaces de débat pour les salariés, mais aussi les managers,
  • Redonner des marges de manœuvre à l’encadrement de proximité,
  • Faire participer les salariés aux changements techniques et organisationnels,
  • Favoriser la prise en compte du travail par les représentants du personnel, et le développement de leur rôle,
  • Mettre en œuvre des organisations apprenantes.

Celui de l’anthropologie chrétienne,

au travers des recherches réalisées par le collège des Bernardins, rapportées par le père Baudoin ROGER, théologien.

Car l’Eglise s’est intéressée à l’entreprise, considérant que le travail est un bien de l’homme créateur, et l’entreprise un lieu de construction et de socialisation. Considérant que le travail est créateur, à la différence du capital qui ne fait que rendre possible cette création, ou encore que l’Entreprise, ne s’identifie pas avec ou par la société de capitaux qui la sous-tend, l’entreprise y est donc reconnue comme un espace de création collective, dont le potentiel est lié au mode de relations qui y prennent place, et échappe donc à la coordination marchande.

Pouvoir et autorité y sont clairement distingués. L’entreprise est vue comme un « bien commun », dont la communauté de l’entreprise est un des éléments, une notion toute différente de celle de l’intérêt collectif. Les chercheurs du collège des Bernardins, considérant que ce « bien commun » n’est pas suffisant à la mise en action efficiente des hommes qui y participent, nous invitent donc à réfléchir à un management par le sens, c’est à dire où s’exercerait un peu moins de pouvoir, mais un plus d’autorité.

André Comte-Sponville, philosophe, avait lui aussi été rechercher des réponses sur le sens du travail, dans les Evangiles, voire certains employeurs dans La Bible, ainsi qu’il le rapporte dans son excellente conférence sur le management « sens du travail, bonheur, motivation ». Cette conférence réalisée lors de la rentrée de la promotion 2011 d’AUDENCIA Nantes, école supérieure de commerce nous ouvre, à elle seule, bien des perspectives de réflexion sur nos pratiques managériales.

Mais alors, qu’a aussi à nous dire la philosophie sur le management ?

Ce fut le propos de M Emmanuel GABELLIERI, professeur de philosophie à l’Université catholique de Lyon.

Si la philosophie a fait son entrée dans le management via le concept d’éthique, cela n’est encore trop souvent, nous dit-il, qu’en tant que « cosmétique », et donc pas toujours de façon très sérieuse, nous sommes plutôt dans l’idée d’un marketing du management.

Car en philosophie, travail et bonheur n’ont jamais fait bon ménage, on parle de « malédiction du travail ». Il y a opposition entre travail et liberté, et donc « travailler en gros, on ne préfèrerait pas » disait lui aussi André Comte-Sponville. Ceci n’a donc que peu porté la philosophie à s’intéresser à la problématique du management.

Il rappela cependant qu’il n’y a « de sens au travail » que s’il est un lieu de relations interpersonnelles.

Et l’entreprise libérée ?…

Je ne peux naturellement clore ce billet dédié à ces quelques agitateurs d’idées dans le domaine du management, dont j’ai croisé le chemin récemment, qui nous donnent l’envie de ré-enchanter le fonctionnement de nos entreprises, sans naturellement évoquer ce concept développé par Isaac Getz et Brian Carney. Et quoi de mieux, pour le faire, qu’un petit dessin d’une minute, plutôt qu’un long discours

Excellent film d’animation réalisé par l’agence POSSUM INTERACTIVE

Un tel sujet vaut sans doute d’y consacrer 20 minutes supplémentaires : l’une des conférences d’Isaac Getz, c’est ici.

Enfin, une petite heure trente de disponible : passez la donc avec André Comte-Sponville, .

Cela vous a donné des idées ?… Et bien action !

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